Louis Auguste REYMOND (1823-1859). Bref rappel de sa vie

Je suis né de parents pieux, et dès ma plus tendre enfance, j’ai eu le désir d’être missionnaire…C’est surtout dans l’année qui précéda ma première communion et en faisant le Chemin de la Croix que se développa le désir de me dévouer aux Missions les plus abandonnées [1].

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Le Père Louis Auguste Reymond.
Photo sma

Enfance et jeunesse

Louis Auguste Reymond est né le 31 mars 1823 au village de Grand’ Combe au pied du mont Châteleu (1312 m), dans le Doubs, de Fortuné et Anne-Thérèse Girard. Il est le neuvième d’une famille de treize enfants. Après sa première communion, il entre au Petit Séminaire diocésain de Notre-Dame de Consolation. Deux des frères de Louis et deux de ses cousins prennent également le chemin du séminaire. Les deux cousins mourront grand séminaristes. L’un des deux est François Bobillier qui devint l’ami intime de Louis.

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Grand Combe Chateleu.
Photo J.-M Guillaume

Louis connaît l’épreuve de la maladie, en particulier en 1839 et 1841. En plus, en 1842, il est atteint d’une violente fièvre typhoïde, qui fait mourir cinq élèves et un professeur. Obligé d’interrompre ses études, il fait alors de longs séjours dans sa famille. Pour occuper son temps libre, il se consacre avec ardeur à l’étude des plantes. Déjà à Consolation, des camarades et lui avaient constitué des herbiers. A la maison, il enclot le terrain avoisinant de haies où figurent différentes sortes d’arbrisseaux que l’on trouve dans la région. Il plante un chêne qui devint vigoureux et majestueux [2]

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Photo J.-M Guillaume

Malgré la maladie, les palmarès du séminaire n’en sont pas moins élogieux à son égard ; ils mentionnent ses brillants succès, en particulier en critique littéraire et en discours français…

En 1843, il entre au séminaire de Vesoul pour suivre sa philosophie. En 1845, il entre au Grand Séminaire de Besançon où il semble s’être beaucoup plu.

Recherche d’une mission

En automne 1846, il entre au noviciat des Pères Maristes de Belley, avec le désir de partir en mission lointaine. Le 22 décembre 1848 il est nommé professeur mariste à Belley. Le 23 décembre de la même année il est nommé sous-diacre à Belley avec dimissoriales de Besançon. Le samedi saint, 7 avril 1849, il est ordonné prêtre, au titre des Missions, mais il est envoyé au collège des Maristes de La Seyne-sur-Mer comme professeur de 5ème. Il dira plus tard qu’il était affecté par de cruelles épreuves. Parmi celles-ci, il y a probablement des épreuves de santé. On sait très peu de choses sur sa vie entre 1849 et 1854. A partir de 1850 son nom ne figure plus sur les listes de placements des maristes.
Une lettre du 16 octobre 1851 le situe à Emagny (Haute-Saône), une autre plus tard est envoyée de Choloy, près de Toul. C’est probablement cette année qu’il fait éditer, chez Guyot Frères, un livre de 597 pages intitulé Flore utile de la France, description de tous les genres et de toutes les espèces de plantes employées en médecine, dans les arts et l’économie domestique, avec un dictionnaire des noms vulgaires [3] Il part ensuite quelque temps pour Carheil, en Loire-Inférieure, en qualité de précepteur dans la famille Lamothe et revient à Paris, avec le désir de chercher une piste pour partir en mission.

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Planche de l’herbier de Köhler.

Membre de la Société des Missions Africaines

Le 19 avril 1856, il est le premier à se porter candidat pour la future Société des Missions Africaines. On sait qu’il avait réintégré le diocèse de Besançon puisque le Cardinal - Archevêque de cette ville lui donne la permission de rejoindre Mgr de Marion Brésillac.

Le 16 novembre 1856, le Père Reymond arrive à Lyon. Dès le 19, il accompagne Mgr de Marion Brésillac dans ses tournées de propagande et de quêtes. Le 8 décembre 1856, les six premiers compagnons de Mgr de Marion Brésillac, dont Louis Reymond, montent à Fourvière pour confier leur œuvre à la Vierge Marie et promettent de vouer leur vie toute entière au service des missions et de l’Afrique. Cette date est considérée comme la date de fondation de la Société des Missions Africaines. Le Père Reymond continue d’accompagner le Fondateur dans ses tournées et passe quelques jours à Paris où tous deux sont reçus par la généreuse famille Blanchet, 31 rue de Londres.

Le temps d’un regard à Free Town

Le Père Reymond, avec le Père Bresson et le frère Eugène Reynaud, s’embarque à Marseille, le 4 novembre 1858 sur le bateau « l’Express ». Après deux mois de navigation, le 18 janvier 1859, ils débarquent à Free Town, capitale de la Sierra Leone.

Le 14 mai, Mgr de Marion Brésillac, accompagné du Père Riocreux et du Frère Gratien Monnoyeur, arrive à Free Town. Une terrible épidémie de fièvre jaune est entrain d’envahir le pays.

Le 2 juin, le Père Riocreux décède. Le Père Bresson subit le même sort le 5 juin. Le 13 juin, c’est le tour du Frère Gratien. Malgré les soins du Père Reymond et des médecins, Mgr de Marion Brésillac meurt le 25 juin à midi et demi. Le 28 juin, le Père Reymond est lui-même emporté par la fièvre jaune. Le soir du même jour il est enterré à côté de ses frères. Seul le Frère Eugène, qui avait été renvoyé en France dès le début de l’épidémie, avait survécu à la terrible épidémie.

[1] Lignes extraites de sa demande d’admission adressée à Mgr de Marion Brésillac.

[2] Les chênes, dans cette région d’épicéas et de hêtres, sont très rares. Le chêne, planté par Louis Reymond au bord d’une route dans le village, gênait à la circulation du carrefour voisin. Il a dû être enlevé il y a une dizaine d’années. Son immense tronc, d’abord déposé au bord d’un ruisseau, a été récemment ramené sur la place, près de la salle des fêtes.

[3] Un exemplaire de cet ouvrage est conservé à la Bibliothèque nationale de France.

Publié le 6 novembre 2009 par Valérie Bisson